31.08.2006

Naguib Mahfouz

"Je suis du côté de la connaissance, seule voie de salut dans cet océan houleux et effrayant d'ignorance dans lequel nous sommes appelés a vivre" 

J'avais prévu d'inaugurer cette rubrique avec un petit mot sur mes parents (parce qu'un peu de fayottage, ca ne mange pas de pain) mais venant d'apprendre le décès hier au Caire de cet immense écrivain, j'ai jugé plus opportun de parler de lui... Naguib Mahfouz est le premier romancier de langue arabe a avoir recu le prix Nobel de littérature en 1988, ce qui en soi ne m'a pas trop influencée dans la lecture de ses livres. Parceque les Nobel, a part lui et García Marquez, franchement ca ne me botte pas plus que les Goncourt ! C'est un peu au hasard que j'ai acheté Passage des miracles (je trouvais la photo de couverture très belle), je l'ai lu a n'en plus pouvoir dormir, entrainée dans le dédale de la Gâmalyia - zavez qu'à lire,vous verrez bien hin hin - et le lendemain, je rempilais a la fnac pour acheter Les fils de la Médina, un de ses ouvrages les plus controversés, toujours interdit à ce jour en Egypte.

medium_mahfouz.2.jpgDe fil en aiguille, j'ai lu de plus en plus de ses romans, et c'est par lui que j'ai commencé a m'intéresser a d'autres auteurs de langue arabe, comme Gamal Ghitany ou Edward Saíd (dont je vous parlerai peut-être plus tard si vous êtes sages). Curieusement, je n'ai pas lu son oeuvre la plus célebre, la Trilogie du Caire (Impasse des deux palais, Le palais du désir et Le jardin du passé). Par contre, j'ai trouvé récemment a México un de ses livres dont j'ignore jusqu'a la traduction du titre en francais, Amor bajo la lluvia (L'amour sous la pluie j'imagine !). Je ne l'ai pas encore lu car je suis entrain de terminer L'appel du couchant, de Gamal Ghitany, justement.

Ce qui me plaît chez Naguib Mahfouz, j'y viens puisque je sens que vous perdez patience, c'est le style de fiction allégorique qu'il emploie pour décrire les boulversements sociaux du Caire, et de l'Egypte en général, des années 30 aux années 80. Ecrivain réaliste, donc, que certains critiques littéraires n'hésitent pas a qualifier de 'Zola du Nil' ou de 'Balzac égyptien', ce qui me fait bien rire parce que Balzac et Zola, personnellement, je ne leur consacrerait pas un billet sur ce blog, menfin. Souvent inquiété par les fondamentalistes, notamment pour sa libre réinterprétation de l'histoire des prophètes dans Les fils de la Médina mentionné ci-haut, Naguib Mahfouz était un homme de tolérance et de dialogue, parmi le petit nombre d'intellectuels arabes a avoir approuvé les accords de Paix de 1979 entre l'Égypte et Israël. Une tentetive d'attentat perpétrée par un fanatique islamiste en 1994 l'avait laissé paralysé de la main droite et contraint de dicter ses textes.

Que, bien sûr, je vous engage a découvrir ou a relire au plus vite.

(photo REUTERS)

Ecrire un commentaire