08.11.2006
ma nuit avec Gustavo Cerati !
HA je vous ai bien eus, avec ce titre alléchant ! Je suis sûre que je vais rameuter plein de fans hystériques, ñark ñark.
Alors qu'en fait, ma nuit avec Gustavo n'a pas été SI torride que ca... Je l'attendais depuis deux mois, j'en ai trépigné toute la journée, c'est arrivé... et je suis retombée comme un soufflet. Z'allez voir comment, à la minute près (enfin rapidos parce qu'on va pas y passer la nuit non plus) :
6 h 03, mon portable sonne, je me lève, je le bouscule, je vais allumer le chauffe eau, et pendant que l'eau chauffe (ha ha vous ne vous y attendiez pas à celle là !) je bisoute alternativement Oumi et M, histoire de baisser un peu ma tension Gustavienne
6 h 54, je secoue M, si ca continue je vais etre en retard et mon chef va me punir en me claquant du boulot jusqu'a 20h, m'êmpêchant d'arriver a temps au concert, ce qui ne manquerait pas de froisser mon bel argentin.
7 h 32, c'est fou comme il n'y a que des thons aujourd'hui dans le bus
8 h 06, au bureau, je sens que je vais passer les 12 heures les plus looooooongues de ma vie
10 h 01, ah, on a une réunion, ca m'empêchera peut-être de me faire griller entrain d'imprimer des paroles de Gustavo pour réviser en loucedé
13 h 38, ah, la réunion est déjà finie ? dingue comme j'ai pas vu le temps passer, occupée que j'étais a contempler les nuages en fredonnant "de aquel amor / de musica ligeraaaaa"
14 h 46, non, je vais pas manger, on sait jamais
17 h 33, ca y est, je peux partir ? j'ai des trucs importants à faire, moi, rien a battre de la malnutrition infantile !
18 h 02, je suis dans le bureau de Yol, je me rue sur ma salade de riz, tant pis si je boudinne mon jeans, Gustavo a au moins 52 ans, il a déjà du voir pire
18 h 35, Wal arrive, on fonce
19 h 50, enfin, facon de parler car on y est toujours pas, ya un trafic de fou, comme d'hab. Yol et moi pleurons a chaudes larmes et menacons a cors et a cris Wal des châtiments les plus infâmes
20 h 02, Yol, Wal et moi entrons dans le Palacio de los Deportes juste au moment où débute le concert de Los Tres. OUF.
20 h 14, bon, ca y est, ils ont bientôt fini de jouer, les Chiliens ?
20 h 45, donc, n'est-ce-pas, merci, changement de groupe, pas de bol ce sont les petits péteux de Zoe qui se pointent, commencent a jouer, et le chanteur, même pas beau avec ses bottes au genou, se met a couiner en se trémoussant.
21 h 39 environ, je suis au bord de l'apoplexie, le petit morveux qui chante ne s'arrête pas, ce con ! Mon intérêt s'aiguise un peu lorsqu'il annonce un invité surprise... ah bah c'est un guitariste de Franz Ferdinand... j'aime pas Franz Ferdinand, j'aime pas Zoe, au moins là je suis fixée, les deux ensemble me révulsent, ca braille, ca sautille, et je ne comprends même pas en quelle langue ca chante, ca aurait tout aussi bien pû être de l'allemand
22 h 04, c'est pas trop tôt, ca dégage, je sens une grosse boule d'envie et d'angoisse dans mon ventre, Guuuuuustavo, je te sens très proche tout à coup !
22 h 35, quel rat ce type, on a pas idée de faire attendre comme ca des millions de fanatiques avec l'estomac au bord des lèvres
22 h 36, aaaaaah ! ooooooh ! Yoli tombe en pamoison et arrache sa chemise, je hurle "Gustavo aca 'stoy mi amoooooooor". Devant cette débandade de dignité féminine, Wal détourne la tête.
22 h 38, IL est là, il chante "juegos de seducción", oh chanson bienvenue, Gustavo tu me donnes chaud.
22 h 40, euh... c'est quoi ces fringues ? ces yeux cernés ? ce petit bide que tu essayes de dissumuler maladroitement sous tes habits noirs ? Pouf, pouf, je tombe de mon étoile bleue.
22 h 41, nan, c'est pas... c'est pas... c'est pas possible, Gustavo, tu t'es laissé aller ou quoi ? Mon stock de fantasmes diminue de 79 %. Après avoir renoncé a Rafa Marquez trop benêt, à Jhonny Depp trop marié, à Jeff Buckley trop mort, il ne va plus me rester que Julien Clerc, à ce rythme là !
22 h 53, je rêve, non, je cauchemarde, non seulement il n'est pas aussi beau que dans mes rêves, non seulement il ne me regarde pas, mais en plus, je ne ressens pas du tout ses chansons ? Pas envie d'écouter, pas envie de brailler, pas envie de me trémousser ni de glousser.
22 h 54, une grande lassitude m'envahit
22 h 55, allez mon Gus, comme c'est toi je te laisse une dernière chance : si cette chanson me plaît, je reste jusqu'à la fin du concert
23 h 00, je me casse malgré les supplications de Yoli, toujours aveuglée par l'amour, et de Wal, qui s'inquiète de me voir rentrer en métro dans mon bas fond à ces heures criminelles
23 h 01, je suis aux WC histoire de ne pas me pisser dessus dans le trom'
23 h 03''03s, mon billet, coincé dans la poche arrière de mon jeans, tombe dans la cuvette
23 h 03''12s, j'hésite... Gustavo vaut-il encore que je trempe deux doigts dans mon propre facon de parler, bien sûr ! pipi pour garder un souvenir de cette soirée au demeurant fort peu mémorable ? c'est pas une belle allitération, ca ? Je l'entend au loin qui brêle quelque chose dans le micro.
23 h 03''48s, on ne brûle bien que ce qu'on a aimé ; je ravale mon orgueil, prend un air pincé, et me saisit dudit billet
23 h 03''59s, je savonne vigoureusement mains et billet dans le lavabo design en inox
23 h 07, je suis dans le métro Velodromo
23 h 22, changement à Chabacano
23 h 29, je descends a Allende
23 h 36''12s, j'arrive dans ma rue et je vois au loin mon petit voisin ado, la future bête de sexe, adossé à un arbre, près du stand de hot dogs
23 h 36''43s, nous échangeaons un regard, torride pour lui, calmos pour moi - genre "rappelle toi petit morveux que je sais que tu n'as que 15 ans"
23 h 36''45s, je lui dit quand même avec un sourire "que onda"
23 h 36''46s, mon coeur fait un bond, au-delà du petit voisin, il y a M qui attend des hot dogs et qui me regarde avec son sourire en coin
23 h 36''46s'''16, je suis dans ses bras et emportée par la passion je me commande un hamburger
23 h 48, putain c'est pas permis de mettre aussi longtemps a faire un hamb' et trois malheureux hot dogs, on papotte avec mon voisin le vendeur de coca(ïne)
23 h 59, on se baffre tout ca dans la cuisine
00 h 12, je sors de la douche et rejoint mon tout doux, Gustavo peut aller se rhabiller, je savais depuis belle lurette qu'il ne lui arrivait pas a la cheville !
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