08.09.2006

je ne croyais pas si bien dire...

Je reviens de ma pause repas. Voui, il est 17h, on mange tard par ici. Pas de remarques fielleuses, SVP, je n'étais pas censée bosser passé 14h cet aprèm, on est parti du bureau a 14h30, et on a mis une heure a parcourir 2 km, le trafic du vendredi après-midi est un cauchemard digne d'un film de Paris Hilton, et en commandant mon repas je me suis rendu compte que j'avais oublié de passer un coup de fil hypra-indispensable.

Me voici donc de retour au bureau, j'ai passé le coup de fil, je pourrais donc voguer en toute bonne conscience vers mon week-end, mais il FAUT que je vous raconte mon repas. Vous vous souvenez de mon texte de ce matin, je suis une princesse etc. ? Et bien une princesse, selon toute logique, ca mange dans un chateau ou au moins dans un endroit chic. Ce que j'ai bien entendu fait, dans un endroit chic, vu qu'ici point de vue chateau, à part Chapultepec qui me plaît moyennement, on est pas très bien servi. HOP, direction le nouveau centre commercial Antara, rien que le nom ca en met déjà plein les mirettes, et sa 'zona de comedores' - comprendre qu'un étage entier est dédié aux fast-food et autres petits restos.

Bon, je ne vais pas rentrer dans les détails, sinon a ce rythme je serai encore au bureau à 18h, mais la terrasse couverte de la zone des restaurants est à la mesure du lieu, véritable temple du luxe, vitrine du pouvoir d'achat et de l'ostentation effarante des habitants de la zone qui est une des plus nice de la ville.

Aaaaaargh. Je vous dis pas la faune. Les minets gominés, pompeux à n'en plus pouvoir, habillés comme s'ils sortaient de la garden-party de l'Élysée et se rendaient dans la demi-heure à une partie de chasse en Sologne. Les filles toutes plus osseuses les unes que les autres, le cheveu blondasse, le teint de pouffe qui revient de Sun-city, les lunettes de soleil dans les cheveux et la clope au bec. Spectacle désolant s'il en est... heureusement, j'avais toujours ma bonne humeur fracassante du matin et je mangeais des sushis délicieux, ce qui m'a aidé a supporter mes 5 collègues (exclusivement masculins) qui perdaient la tête à chaque fois qu'une minette passait près de notre table, notamment une dans le plus pur style fille à papa qui portait une grosse ceinture micro-mini-jupe en cuir. Mouaif. Il va sans dire que j'ai moyennement apprécié le repas.

Définitivement, je dois être plus 'peuple' que 'people', moi...

 

 

ma journée de princesse

medium_53571_1155657084_2.jpgUn jour comme je les aime...

A la maison : réveil amoureux, chat ronronnant, petites blagues, douche gommante sucre-cannelle, thé vert à la vanille, des habits relax, c'est casual friday, converse-jean-débardeur-collier-poncho, des couleurs gaies parce qu'il fait super beau, et un bonjour aux petits voisins qui vont à l'école.

Sur le trajet : main dans la main jusqu'au métro, qui n'est même pas trop bondé, personne ne me marche sur les pieds, envoutante lecture de Hanif Kureishi Des bleus à l'amour, rires complices avec des minettes du wagon à la vue d'une petite vieille entrain de rater magistralement son maquillage, bus avec Chucho, et la divine chanson 'De música ligera' qui retentit dans le supermarché où je vais retirer des sous (Gustavo Cerrati, veux-tu être mon prince juste pour aujourd'hui ? je ferai fi de ton accent argentin et de tes 52 ans)

Au bureau : journée sans chef, c'est la fête du slip, on sort acheter des tamales et de l'atole pour tout le service, on mange tranquilement en lisant nos mails, c'est vendredi, tout à l'heure on ira manger ensemble une pizza ou un autre truc bien calorique, histoire de tenir le coup pour la sortie obligatoire du vendredi soir !

Dans ma tête : c'est la fête tout court, un plan tranquille pour passer une soirée agréable, rien ni personne ne pourra me démoraliser aujourd'hui, le week-end s'annonce bien, j'adoooore ma coupe de cheveux, je suis une princesse ou une déesse, rayer la mention inutile.

Oui, je sais, faut encore que je vous fasse la suite de mon immeuble etc, ca vient, ca vient, mais faut pas trop la secouer, la princesse !

 

07.09.2006

c'est le Pérou !

Pouarf, je suis en forme aujourd'hui. Ca doit être la pluie battante, attendez-vous à ce que j'emploie des expressions comme "c'est un as", ou même "c'est drôlement Bath". Tiens, c'est marrant, en réfléchissant comme ca a des expressions vieillottes, je viens de me rendre compte que la plupart se réfèrent a un pays, ou une ville : c'est le Pérou, c'est Byzance, c'est Bath, c'est la Pologne... on pourra en reparler un autre jour, si ca vous interpelle autant que moi. Ouais ! Et on en profitera pour faire un test sur les capitales du monde ! On commence tout de suite avec une question pour Guillaume, qui fait le malin dans sa Tour Montparnasse : capitale du Bouthan ?

Je reviens quand même a mon thème du jour, si vous n'y voyez pas d'inconvénient. Pouf, pouf. C'est vrai, quoi, je mets "c'est le Pérou" parce que j'habite rue de la République du Pérou (c'est le nom officiel complet, entre nous on dit "j'habite au Pérou"), qui selon toute logique géographique se situe entre les rues "Brésil" et "Chili", même que mes invités doivent venir en avion parce que quand même, le Pérou et le Mexique, c'est pas la porte à côté, arf arf. Ca suffit. Aujourd'hui, je vous parlerai non pas de ma rue, comme on pourrait s'y attendre, mais plutôt de mon immeuble, le glorieux n°100, avec sa facade décrépite jaune pipi et ses imprimeurs du rez de chaussée.medium_perú.JPG 

Ceux d'entre vous qui m'ont fait l'honneur d'une visite pourront vous le confirmer, mon immeuble - et surtout mes voisins - sont folklos. C'est comme ca dans le centre, enfin, de ce côté-ci du centre. Mon entourage mexicain a d'ailleurs poussé des cris d'orfaie quand j'ai annoncé mon désir d'emménager dans cette antichambre des enfers. Pensez-vous, je suis a trois pâtés de maisons des quartiers de Tepito et de la Lagunilla, sorte de combinaison de marché géant, de Barbès puissance 100 000, et de cité de la joie, mon immeuble est situé juste en face d'un ring de lucha libre, et je suis également proche de la place Garibaldi, qui mis a part ses chaleureux et roucoulants mariachis a tout d'un coupe gorge passée une certaine heure. Pleurez pas, puisque je vous dis que je me suis installée dans ces bas-fonds parages de mon plein gré volontaire !

Aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours A-DO-RÉ le Centre Historique de México. Ma première fois sur le Zócalo, en décembre 2001, j'ai a peine pu contenir une envie de hurler "youhou" et de m'allonger sous le mat du grand drapeau, juste pour voir le grand carré de ciel au-dessus de ma tête, et les facades crénelées des immeubles de la place. J'aime aussi l'activité grouillante des rues adjacentes, les palais a moitié en ruine, le bruit sourd de tous les gens qui font leurs affaires, l'émotion toute particulière que je ressens quand je pense a l'histoire de la ville. Bien sûr, des fois ca suffit a peine a éclipser mon énervement face aux embouteillages (je ne parle même pas de la circulation des voitures dans les rues mais de celle des piétons sur les trottoirs), à la saleté, et au chaos ambiant. Car oui, j'avoue, il arrive que je fasse ma princesse et que je me dise que vraiment, non, c'est pas possible, comment puis-je supporter ca, mais ca ne m'arrive vraiment pas souvent et pas très longtemps : en général, il suffit que j'arrive vers la place Santo Domingo, que les gens commencent a me saluer, pour que je me dise que finalement, a pesar de todo, c'est 'achement bien d'être là.

Voui, je sais, je ne suis toujours pas entrain de parler de mon immeuble, en même temps si je vous ennuie, la barre d'adresse est juste là haut et rien ne vous empêche d'aller sur le site de Paris-Match http://www.parismatch.com/ si vous pensez y lire des trucs plus trépidants. Cette semaine, Isabelle Adjani dans un rôle choc, Thierry Breton en moule-bite sur la plage de Mer-les-Bains, et Al Gore qui révolutionne le paysage politique étasunien en se déclarant "pour l'environnement". Voilà, maintenant que j'ai éliminé les lecteurs pas vraiment intéressés, je peux me lancer dans le vif du sujet. Quoi que... ca fait un peu long pour aujourd'hui, non ? Je suis sûre que demain vous aurez bien assimilé toutes ces informations préliminaires et que vous profiterez plus de mon VRAI texte sur mon immeuble et mes voisins. On se voit demain, donc,  même heure même endroit, je compte sur votre motivation, hin hin.

 

Photo : papa Dany - rue Perú vue du toît de mon immeuble.