01.09.2006
'Quand tu l'as, tu l'as'
Ce matin en sortant du métro a Auditorio, je m'engouffre d'un pas pressé dans l'allée qui mène a mon arrêt de bus, en tentant d'esquiver les vendeurs a la sauvette, les disquaires pirates et les effluves de tacos (qui en soi ne me gènent pas plus que ca, au contraire... c'est plutôt la friture en fait !). Rien que de bien normal, donc, quand tout à coup, qu'entends-je ? NON ! Pas Alizée, qui est connue comme le loup blanc ici... France Gall !!!
'Mais que tu n'aies rien / Que tu sois roi / Que tu cherches encore les pouvoirs qui dorment en toi / Tu vois, ça ne s'achète pas / Quand tu l'as, tu l'as / Ella elle l'a / Ouh - houhou / Ouh - houhou ! Ce je n'sais quoi / Que d'autres n'ont pas / Qui nous met dans un drôle d'état'
Ca m'a mis dans un tellement drôle d'état que je fredonnais encore en arrivant au bureau, 15 minutes après. Et commes mes collègues écoutaient de la musique qui n'était bien sûr pas de France Gall, ca m'est passé. Ouf. N'empêche que je suis bien obligée de me rendre a l'évidence : plus ca va, plus je deviens kitsch. Dans mes gouts musicaux, s'entend. C'est plus fort que moi, des fois j'ai envie d'écouter Claude Francois, Joe Dassin, Jean-Pierre Mader (sisisi, celui qui chante Macumba, aaaaaargh) ou même... Dalida ! (Comment ca j'ai oublié Julien Clerc ? Mais ca va pas ou quoi ! Il est pas du tout kitsch ! Il est trop fashion, ses derniers textes ont été écrits pas Carla Bruni, Roda Gil et Maxime Leforestier... et en prime il est même TRÈS beau...)
Peut être que j'ai toujours été comme ca, mais que je me contenais parce que je vivais parmi Vous, amis, famille, kékés, dont je ne voulais subir l'opprobre ? Peut-être que maintenant je me lâche parce que de toutes facons mes voisins ne savent pas que c'est kitsch et ne comprennent pas les paroles ? (en même temps, mes voisins seraient mal placés pour me critiquer, ñark, ils sont encore plupires que moi ! Le jour où j'écouterai Daddy Yankee ou Vico de mon propre gré, on en reparlera).
Hé ! maintenant que j'y pense, un jour les voisins d'en-bas-en-face ont mis "Aline" du petit Christophe (je dis le petit Christophe parce que mes parents l'ont vu dans les années 70 a Stras' et figurez vous qu'il est petit ! Et comme dit toujours ma maman, "un homme petit, c'est dommage"). BREF, un samedi soir de juin, je me rappelle bien maintenant parce que S et T étaient a la maison, on a tellement halluciné qu'on est sorti brailler a tue-tête "Aline", pour qu'elle revienne, sur le balcon.
Si ca se trouve, mes voisins ADORERAIENT écouter ma compile "kitsch inavouable" (la pire de tout le lot)
Et vous, vous avez aussi des travers musicaux inavouables ?
10:41 Publié dans le noeil a coté de la zoreille | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
31.08.2006
Naguib Mahfouz
"Je suis du côté de la connaissance, seule voie de salut dans cet océan houleux et effrayant d'ignorance dans lequel nous sommes appelés a vivre"
J'avais prévu d'inaugurer cette rubrique avec un petit mot sur mes parents (parce qu'un peu de fayottage, ca ne mange pas de pain) mais venant d'apprendre le décès hier au Caire de cet immense écrivain, j'ai jugé plus opportun de parler de lui... Naguib Mahfouz est le premier romancier de langue arabe a avoir recu le prix Nobel de littérature en 1988, ce qui en soi ne m'a pas trop influencée dans la lecture de ses livres. Parceque les Nobel, a part lui et García Marquez, franchement ca ne me botte pas plus que les Goncourt ! C'est un peu au hasard que j'ai acheté Passage des miracles (je trouvais la photo de couverture très belle), je l'ai lu a n'en plus pouvoir dormir, entrainée dans le dédale de la Gâmalyia - zavez qu'à lire,vous verrez bien hin hin - et le lendemain, je rempilais a la fnac pour acheter Les fils de la Médina, un de ses ouvrages les plus controversés, toujours interdit à ce jour en Egypte.
De fil en aiguille, j'ai lu de plus en plus de ses romans, et c'est par lui que j'ai commencé a m'intéresser a d'autres auteurs de langue arabe, comme Gamal Ghitany ou Edward Saíd (dont je vous parlerai peut-être plus tard si vous êtes sages). Curieusement, je n'ai pas lu son oeuvre la plus célebre, la Trilogie du Caire (Impasse des deux palais, Le palais du désir et Le jardin du passé). Par contre, j'ai trouvé récemment a México un de ses livres dont j'ignore jusqu'a la traduction du titre en francais, Amor bajo la lluvia (L'amour sous la pluie j'imagine !). Je ne l'ai pas encore lu car je suis entrain de terminer L'appel du couchant, de Gamal Ghitany, justement.
Ce qui me plaît chez Naguib Mahfouz, j'y viens puisque je sens que vous perdez patience, c'est le style de fiction allégorique qu'il emploie pour décrire les boulversements sociaux du Caire, et de l'Egypte en général, des années 30 aux années 80. Ecrivain réaliste, donc, que certains critiques littéraires n'hésitent pas a qualifier de 'Zola du Nil' ou de 'Balzac égyptien', ce qui me fait bien rire parce que Balzac et Zola, personnellement, je ne leur consacrerait pas un billet sur ce blog, menfin. Souvent inquiété par les fondamentalistes, notamment pour sa libre réinterprétation de l'histoire des prophètes dans Les fils de la Médina mentionné ci-haut, Naguib Mahfouz était un homme de tolérance et de dialogue, parmi le petit nombre d'intellectuels arabes a avoir approuvé les accords de Paix de 1979 entre l'Égypte et Israël. Une tentetive d'attentat perpétrée par un fanatique islamiste en 1994 l'avait laissé paralysé de la main droite et contraint de dicter ses textes.
Que, bien sûr, je vous engage a découvrir ou a relire au plus vite.
(photo REUTERS)
17:29 Publié dans que ferait-on sans eux ? | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Baila, baila conmigo !
Hier soir, j'ai fait un truc de ouf. Je suis allée a un spectacle de DANSE ! Je crois que je n'avais pas vu de gens danser depuis le Lac de Cygnes, en 1998 au TNS de Stras' (ben oui, pour ceux qui ne sauraient pas il y a aussi un TNS de Rennes, sauf que les gens un peu moins incultes l'appellent le TNB, allez comprendre). Bien sûr, je suis sortie depuis 1998 et j'ai vu des gens danser, moi meme je me suis trémoussée récemment sur les derniers airs reggaeton consternants.
Mais danser comme ca, franchement, non.
Au début je n'avais pas tres bien compris ou j'allais mettre les pieds et qui j'allais voir. J'ai appris 5 minutes avant le début qu'en fait il s'agissait du grand frere de mon pote M, prof de danse pour de vrai et chorégraphe de danse folklorique a ses heures (pas) perdues. L'appellation "danse folklorique" m'a fait frémir, j'avoue... peut être que je pensais un peu trop aux danseuses de la fac de La Paz, engoncées dans leur execrable adorable costume de pithaya. Et en fait, j'ai été subjuguée dès les premières minutes.
La musique (deux chanteuses qui se relayaient, deux guitaristes), les costumes qui mélangeaient fort heureusement des vêtements traditionnels du yucatán et du jalisco, ainsi que des matieres plus contemporaines comme le jean ou le lycra, ainsi que la simplicité des décors m'ont vraiment plu. Mais quand les danseurs sont arrivés, j'ai carrément perdu la tête, tellement c'était chouette ! Il y avait en tout je crois (oui, "je crois", je viens de vous dire que j'avais perdu la tête hé) sept danseuses et trois danseurs, dont C, le fameux frangin et chef de tous ces petits petons. Je ne vais pas rentrer dans les détails, ca vous gaverait et surtout je ne saurais pas en parler de manière appropriée. Je vous dis juste que je ne pensais pas pouvoir ressentir une telle émotion en voyant des gens qui dansent... et que je ne savais pas qu'un garcon pouvait faire des trucs aussi sensuels ! Ah je vous disais bien que mes commentaires ne seraient pas les plus appropriés !
J'ai pris le métro en faisant des entrechats. Mouaif, vous avez raison de faire groumpf groumpf, bande de sournois ! Il y a du boulot.
A part ca, en rentrant chez moi mon chat, qui jugeait sans doute sa litière (pourtant rafraichie le matin même) trop sale pour ses nobles petites fesses, était entrain de miauler dramatiquement en regardant la petite flaque qu'il avait laissée sur ma revue 'Chilango' même pas finie de lire. Fin de l'état de grâce.
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