18.10.2006

au creux de toi...

la nuit dernière, j'ai fait un cauchemar... quelque chose de beau, une promenade avec mes parents en forêt, qui s'est tranformé en scène très dure, très angoissante, dont les images mais aussi les sons m'ont terrorisée, jusqu'à ce que je parvienne à me réveiller, d'un cri.

il était là, il m'a serrée dans ses bras, m'a murmuré des paroles apaisantes, m'a embrassé les cheveux et le cou jusqu'à ce que je me rendorme.

et depuis je me fredonne en boucle "Comme je l'imagine il sourit d'un rien Comme je l'imagine il pense bien Comme je l'imagine il pourrait même Etre celui qui sera l'homme que j'aime"

30.09.2006

Bebe

Ella sa cansao de tirar la toallamedium_bebe1.jpg
Se va quitando poco a poco telarañas
No ha dormido esta noche pero no esta cansada
No mira ningún espejo pero se siente to’ guapa

Hoy ella sa puesto color en las pestañas
Hoy le gusta su sonrisa, no se siente una extraña
Hoy sueña lo que quiere sin preocuparse por nada
Hoy es una mujé que se da cuenta de su alma

Hoy vas a descubrir que el mundo es solo para ti
Que nadie puede hacerte daño, nadie puede hacerte daño
Hoy vas a comprender
Que el miedo te puede romper con un solo portazo.
Hoy vas a hacer reir
Porque tus ojos se han cansado de ser llanto, de ser llanto…
Hoy vas a conseguir
Reir tanto de ti y ver que lo has logrado que…

Hoy vas a ser la mujer
Que te dé la gana de ser
Hoy te vas a querer
Como nadie ta sabio queré
Hoy vas a mirar pa’lante
Que pa atrás ya te doy yo bastante
Una mujé valiente, una mujé sonriente
Mira como pasa

Hoy nasié la mujé perfecta que esperaban
Ha roto sin pudore las reglas marcadas
Hoy a calzado tacone para hacer sonar sus pasos
Hoy sabe que su vida nunca mas será un fracaso

Hoy vas a descubrir que el mundo es solo para ti
Que nadie puede hacerte daño, nadie puede hacerte daño
Hoy vas conquistar el cielo
Sin mirar lo alto que queda del suelo
Hoy vas a ser feliz
Aunque el invierno sea frio y sea largo, y sea largo…
Hoy vas a conseguir
Reir tanto de ti y ver que lo has logrado…

Hoy vas a descubrir que el mundo es solo para ti
Que nadie puede hacerte daño, nadie puede hacerte daño
Hoy vas a comprender
Que el miedo te puede romper con un solo portazo.
Hoy vas a hacer reir
Porque tus ojos se han cansado de ser llanto, de ser llanto…
Hoy vas a conseguir
Reir tanto de ti y ver que lo has logrado ohhhh…

 

 

Elle me fout la patate ! Cette chanson, Ella, me console et me motive les jours de blues, et elle me confirme que j'ai raison les jours où je me prends pour la reine du monde (ñark ñark).

Bebe est une chanteuse espagnole, ses textes sont pour la plupart incroyablement intelligents (voyez par exemple la chanson Malo sur la violence conjugale). Sa voix est un peu particulière, je vous l'accorde... L'album Pafuera Telarañas date de 2004, c'est un petit bijou. Comment a-t'on pu attendre aussi longtemps pour l'écouter ???

29.09.2006

les deux profs...

On dit souvent qu'il y a "deux profs qui comptent" dans la vie d'un élève. Voyons voir... moi dans l'ensemble, sur ma vingtaine d'années d'école/collège/lycée/fac, j'ai aimé -on se calme, apprécié- pas mal de profs... ce qui est un peu normal, vu que j'ai toujours aimé l'école/le collège/etc. Ya même une époque où j'étais une sale lèche ! Ouiche ! En maternelle, notamment, j'excellais dans l'art de bien ranger les jeux, ce qui me valait l'admiration et les bons points de la maîtresse, et l'indignation de ma maman, vu qu'à la maison ma chambre était un bordel innommable. On est fayot ou on ne l'est pas...

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En primaire, j'ai piqué une crise de nerfs le jour où j'ai découvert que la maitresse de CE2 serait un maître. Mon premier... ca m'a fichu un coup ! Ben en fait, il était adorable, et à partir de ce jour j'ai préféré les mecs (je vous rappelle qu'on parle de l'enseignement, hein). Monsieur Wisselmann, il s'appelait. Je n'ai jamais cessé de l'adorer, même si il m'a super-grondé deux fois et qu'en général j'abomine, j'éxcècre, me faire engueuler par un prof. Une fois, je lui ai dit "didonc, maître, blablabla" et il m'a repris vertement "on dit pas didonc c'est très malpoli". Gloups. Une autre fois, on faisait du pointillisme, on devait dessiner le contours d'une maison. Avec mes voisins de classe, Jérémy et Jean-Baptiste, on avait fini, et on se demandait s'il fallait colorier. Moi j'étais d'avis que oui, alors on a fait péter les feutres et on a colorié la maison. Bien sûr, on voyait plus que c'était du pointillisme, mais à l'époque je ne m'arrêtais pas à ce genre de détails. Le maître passe dans les rangs, voit l'atroce maison fuschia de Jérémy, et lui demande pourquoi il a fait ca. "C'est Morgane qui nous a dit qu'il fallait colorier l'intérieur". Traitre sournois et perfide. Je vous dis pas comme je me suis fait remonter les bretelles. J'ai cru que Monsieur Wisselmann n'allait plus jamais m'aimer. Heureusement, je l'ai croisé le soir même près de chez moi, alors qu'il promenait son caniche et moi ma grenouille en peluche, oui vous avez bien lu, à une époque je promenais une grenouille en peluche EN LAISSE, dites moi pas que c'est pas normal, c'était avant d'avoir mon petit frère lapin, et on s'est réconcilié. Pfiou !

Pour en revenir aux deux "profs de ma vie", j'hésite entre trois, mais plouf-plouf, je vais éliminer le délicieux Monsieur Dorronsoro (ah, Gilles !) qui m'a régalée durant ma deuxième année d'IEP d'un cours de science politique incroyable. Lui m'a fait découvrir Michel Foucault, l'histoire de la Turquie depuis Mustapha Kemal, et bien sûr, les ressorts de la Révolution Afghane, sans doute son cours le plus passionnant, dispensé un an avant que ce pays ne revienne dans la lumière des télés internationales. Un prof de ouf, donc, mais qui échappe de peu au classement des top-two. Désolée, Gilles, mais en lot de consolation je recommande à tout le monde ton super bouquin La Révolution Afghane, des communistes aux talibans, éditions Karthala, Paris, 2000.

On passe aux choses sérieuses, le TOP-TWO, tadadadadada. Par ordre d'apparition dans ma vie, les deux profs qui m'ont le plus marqués sont (des mecs, vous constaterez) : Monsieur Pantalacci (Martin) et Monsieur Yobé (Christophe, Chris,...). Certains de mes vieux amis qui me lisent ne pourront qu'être d'accord, surtout s'ils ont eu le délicieux Cristophe en cours. Par contre, je crois que personne ne partage avec moi les souvenirs du collège, ce qui est bien dommage car à cette époque je savais me fendre la poire. Et je portais des baskets compensées, ah que ne m'avez vous pas connue à cette époque !

MONSIEUR PANTALACCI, donc, était mon prof de francais en 5°, 4° et 3°, au collège Ausone, à Trier, en Germanie. Il avait un physique génial, qui donnait tout de suite envie de l'aimer. On a fait des choses sympas, avec lui. A l'époque, je le trouvais cool, mais rétrospectivement, je le trouve génial. Je connais encore un bon paquet de poésies qu'on avait apprises avec lui, et pire, je les aime, ces textes : la Mort du Loup, de Vigny je revois encore Cindy venue réciter sa poésie au tableau, qui se vautra par terre en imitant le loup à l'agonie, ah ca les classes étaient très interactives ! La Mouche et le coche, de Lafontaine, et surtout, SURTOUT la fameuse autodictée d'un poème de Verlaine mis en musique par Léo Férré, dont je ne me rappelle pas le titre mais je connais encore les paroles par coeur : Écoutez la chanson bien douce / qui ne pleure que pour vous plaire / elle est dicrète, elle est légère / un frisson d'eau sur de la mousse... À cette époque, mon papa écoutait áussi Léo Ferré, donc j'ai dit au prof que ca faisait vraiment vioque. Super insolente la minette.

Je me souviens aussi de ses supers blagues, de ses dictons à deux balles genre "un train peut aller très loin à condition qu'il reste sur ses rails". De son concert de flamenco. Et bien sûr, du grand concours de Haïku qu'il avait organisé durant l'année scolaire 1993-94. Quel pédagogie ! Quel courage ! Déjà, initier des boutonneux à la subtilité de la poésie japonaise, je dis chapeau. Mais quand en plus on affiche une vingtaine de photos dans le hall d'entrée du collège, et qu'on demande aux élèves et professeurs d'écrire des haikus inspirés par ces images par ailleurs très belles, je me rappelle notemment d'une photo d'un parasol coca-cola sur la place Rouge, délicieux paradoxe je dis, vraiment, ouaouh.

Et avec plus de 10 ans de retard, je te demande pardon, Monsieur Pantalacci, d'avoir pondu ce haiku qui nous a tous fait rire, y compris toi qui avais eu l'intelligence d'y voir une marque d'affection :

Sur le crâne dégarni / De Monsieur Pantalacci / Une mouche a aterri

Un pur moment d'émotion. De la grande poésie. Pour moi en ce temps là, les seuls auteurs valables étaient Michael Crichton et Régine Deforges, c'est dire si j'assume mon passé de débilos. Pardon aussi pour imiter à tue-tête le sketch des Inconnus "les Policiers" en changeant le nom de "Marcel Patoulacci" pour le tien. Ca rendait super bien, "je m'appppelleuh Martaing Pannnntalacci, brigadier-chef et agent de la Paix avant tout", surtout quand c'était Katia qui s'y collait. Sales gosses !

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MONSIEUR YOBÉ, quant lui, était mon délicieux prof d'anglais en 2° et 1° au Lycée International, à Stras'. Rhôôô oui, j'étais dans un lycée de petites pestes friquées, fils et filles de diplomates ou de trafficants de drogue (hé, là je déconne ! enfin, j'espère...) non mes parents ne sont pas trafficants de drogues, qu'allez vous donc penser !, et j'avais en plus de mes 4 heures d'anglais hebdo, 2 heures de cours d'histoire en anglais. Avec Chris, donc. Qui au début nous a bien fait flipper, la Saranou et moi. Souvenir stressant après la première classe d'histoire sur la démocratie athénienne : il fallait qu'on sache prononcer à la perfection TOUT le vocabulaire. Soirée merdique à la BU, d'où nous nous sommes faites tèj' comme des malpropres de lycéennes que nous étions. Angoisse, larmes, nous détestions déjà Monsieur Yobé après même pas une semaine de cours.

Ca n'a pas duré, vous vous en doutez ; je suis d'un naturel optimiste et conciliant. Au bout d'un mois, je l'adorais. Nous l'adorions TOUTES, car nous étions une classe de 26 filles et 4 mecs (les pauvres !). Que dis-je, nous l'idolatrions. Le pire, c'est que c'était mérité. En plus d'être super beau, il était super drôle, super gentil, super intéressant et super chou. Je dis super 5 fois si je veux, vous voyez pas que je suis en pleine phase de régression midinette ? Ce qu'on riait, mon dieu ! Les fois où j'ai été le plus près de me pisser dessus de rire, c'est à lui que je les dois. Il avait surnommé Bertrand, un des (pauvres) garcons du groupe, 'Bertie' et lui a fait faire la roue en cours, un jour. Hi, hi. Il m'a surprise pendant une pause à montrer mon soutif a Jess, ma copine d'internat. Arf, arf. J'en passe et des meilleures. Un vrai choupinet, je vous dit. Tellement qu'on s'est même pas énervées quand on a appris qu'il était marié et qu'un troisième enfant était en préparation. Nan, on était tellement open au MYFC Mister Yobé's Fan Club qu'on a même offert une grosse peluche pour la naissance du bébé !

Après, on s'est calmé ; enfin, moi et un groupe de dissidentes on a fondé le Bertie's Fan Club, ca faisait moins "briseuses de couple".

Merci, donc, Monsieur Yobé, vielmols merci de m'avoir fait découvrir et aimer Friends en VO, Wallace et Gromit, et les Monty Pythons. Merci de m'avoir trainé in-extremis aux États-Unis et m'avoir indirectement permis de m'acheter mon premier Levi´s vintage en velour (un jour je rentrerai de nouveau dedans, arf arf !). Je n'oublierai jamais le skyline de Chicago ce merveilleux soir d'octobre, ma plus belle image de ce pays. Merci pour tes remarques en cours, qui m'ont formées aux subtilités du cynisme, du sarcasme et de la drôlerie intelligente, je suis sûre que Pierre Desproges t'aurait adoré. It had to be you, Morgane, it had to be you / Of course Mr yobé, I'm the only one who uses this kind of ruler here ! Grâce à toi, je sais à tout jamais construire des belles phrases en Anglais grâce à la très performante ILSVMR, aussi connue sous le nom scientifique de NSVFOR.

Ben oui, la I Like Sardins Very Much Rule, ou Never Separate Verb From Objet Rule, zavez jamais été en cours avec Chris ou quoi ?

En réfléchissant bien, je crois que le seul truc que je puisse te reprocher, c'est de nous avoir fait lire l'horrible, l'abominable The Prime of Miss Jean Brodie (et le voir à la télé, comme si c'était pas déjà assez chiant comme ca, fallait qu'ils en fasse un film !). Mais c'est pas trop grave, hein. After all, nobody is perfect !

 

Images : BD "les Profs" et photo classique de mon ex-lycée (troooop la classe)

 

14.09.2006

ma copine de chez Zara

Oui, je sais, deux jours entiers sans écrire. Groumpf. C'est que des fois, il m'arrive de bosser à en perdre haleine, voyez-vous. J'espère que vous n'êtes pas engoncés dans les stupides clichés de la siesta permanente sous les cactus (image ô combien stupide, vu le peu d'ombre que fournissent les cactus, faudrait être fou pour s'allonger dessous !) et du Mexicain petitpoilutrappumoustachu paresseux. Parce que ce n'est pas comme ca, ici ! Enfin, pas au Kilo. Enfin, pas tout le temps. Je sais bien que moi-même j'ai dû vous enduire d'erreur quand je disais dans ma note de vendredi dernier que c'était la fête du slip... Je reprécise, donc: ce vendredi matin là, c'était effectivement la fête du slip, mais c'est pas tout le temps comme ca, seulement en cas d'anniversaire, d'absence conjointe de tous les chefs, de match de la coupe du monde... mais je m'éloigne...

Enfin, pas tant que ca vu que tout a commencé à cause que je travaille, et même bien des fois si l'on en croit les félicitations que m'a adressées hier soir BB (Big Boss ou Gran Jefe), que j'ai croisé à la porte du bureau. Damned, me suis-je dit, il arrive à 18:03 pile, c'est sûr qu'il y a au moins une réunion hyperméga indispensable qui durera jusqu'à 21h et je suis juste entrain de partir... Pas rancunière, je lui fais quand même la bise en pensant en mon for intérieur "si seulement je n'étais pas allée aux toilettes, à cette heure-ci je serais loin", quand il commence a me féliciter chaleureusement de mes réussites. Ah, euh, quoi ? (bredouille, bredouille) Et que je commence a discuter le bout de lard sur les sous-sous, la campagne qui se prolonge d'un mois, etc etc. Au bout de 5 minutes, quand même, BB s'est aprecu qu'il avait une réunion sur le feu (pas avec moi, ouf !) et s'est eclipsé, ce qui m'a permis de prendre mes jambes à mon cou sauter dans mon bus.

Et c'est là, alors que j'étais tranquilement entrain de savourer l'arrière goût de l'éloge, que je me suis dit, "mais bon sang de bois, je suis trop forte, il faut que je me récompense !". Non, je déconne, vous vous doutez bien que je n'ai pas dit 'bon sang de bois', je suis pas non plus née au siècle dernier ! Bon, dans l'absolu, si, mais dans mon esprit, comme je suis contemporaine, le siècle dernier c'est encore le XIXème, pouf pouf, insistez pas. Par contre, là où je déconne pas, c'est sur le coup du 'il me faut une auto-récompense', voui, famille, amis, kékés, vous connaissez ma philosophie du 'je m'aime moi même'. Et pour me récompenser, quoi de mieux qu'une petite surprise de chez... ZARA !?!medium_300px-Zara_boutique_in_ifc_Central_Hong_Kong.jpg

Tu parles d'une surprise : je m'habille Zara de pied en cap depuis que je suis ici, dans l'attente fébrile de voir se pointer le premier H&M du marché latino... sûr que quand il ouvrira cuilà j'en serai réduite à hypothéquer un rein pour assouvir tous mes caprices besoins... (quand je dis Zara, c'est Zara et aussi des fois les autres marques du groupe, genre Bershka ou Pull and Bear, Massimo Dutti plus rarement car je n'en suis pas encore à ce stade de ma féminité) Mais là, pour des raisons d'autorestriction budgétaire décrétées dans la perspective de passer des fêtes nationales grandioses (je dis 'des' car ca s'étend sur tout le week-end), je n'y avais pas mis les pieds depuis DEUX semaines. Un record. Que je souhaitais prolonger, mais bon, je méritais vraiment une petite gâterie, donc pourquoi se faire violence, en sortant du métro a Allende, j'ai bondi du côté Zara au lieu de bondir du côté appart'. Parce que je sais pas si vous étiez au courant, mais j'habite tout près du Zara du Centro Histórico, et je l'ai même pas fait exprès, hin hin. Vous prenez a droite en sortant de mon immeuble, puis vous prenez la première a gauche par le Chili, vous continuez tout droit et vous ne pourrez pas le louper, il est en face d'une église penchée, comme à peu près toutes les églises ici.

Je peux donc y aller en faisant un à peine tout petit détour en rentrant du boulot, ce qui est certes un charmant avantage, mais j'ai également un autre argument de choc pour justifier d'en avoir fait mon magasin de prédilection : je suis copine avec la minette des cabines d'essayage. OUAICHE. Comme je vous le dit. Ah, ca pose sa femme, ca ! En fait notre amitié est née et s'étoffe d'un cercle vicieux ou vertueux, selon qu'on considère mon point de vue ou celui de ma carte de crédit : j'allais assez souvent à ce Zara, pour les raisons de commodité sus-nommées, et par conséquent j'allais souvent aux cabines d'essayage, donc cette fille a commencé à me repérer, on a discuté, et comme elle est sympa, je me suis mise à y aller de plus en plus souvent, donc on a discuté encore plus, et maintenant on piapiatte comme des amies d'enfance.

Ou presque, parce jamais une amie d'enfance ne m'appellerait MOCgane comme le fait Nancy... mais je ne peux pas lui en vouloir, on rigole bien, elle est 'achement cool, et, surtout, elle incarne ZARA, hin hin. Et puis comment tenir rigueur à une fille qui pas plus tard que le mois dernier m'a empêchée de m'acheter un pull rose fuschia qui aurait fait rougir Roselyne Bachelot ? ou plutôt, 'un pull rose qui fait rosir Roselyne', pour l'allitération scabreuse mais néanmoins maitrisée en 'rose' Pleine de tact, elle m'a gentiment fait comprendre que l'objet du délit ne seyait pas franchement a mon teint et m'a fait quelques suggestions fort pertinentes. A la place de l'horreur en question,  je suis donc repartie avec une tunique bleue a fleu-fleurs qui comme dit M fait très 'mamie sexy', un sac marron en cuir, et un jean noir très hype. Pleine de tact, disais-je, et bien rouée aux techniques pointues du marketing, la bougresse !

M'enfin si ca continue, il va être temps de franchir un nouveau cap et de se voir en dehors des cabines d'essayage, ca serait bath !

A part ca, ah oui finalement je ne suis acheté un pull vert flash à col roulé, pour les fraîches matinées, que je porte aujourd'hui même avec un pantalon noir et des cheveux noir, ca fait un effet boeuf. Hier soir j'ai vu le film L'Enfant, des frères Dardenne, palme d'Or à Cannes en 2005, et j'ai pas franchement apprécié, sauf à la toute fin quand Bruno demande des nouvelles de Jimmy à Sonia, et qu'on s'est écrié au même moment "j'l'ai vendu" -meuh non, elle allait pas faire ca, elle, quand même ! Un bon petit fou rire. On se demande toujours qui est l'enfant auquel le titre fait référence, je suppose que c'est fait exprès, c'est le genre de trucs que le jury du festival kiffe bien en général. Cela me fait penser que je n'aime pas des masses les films à plame d'Or. Mais comme ce n'est pas le sujet, on en reparlera une autre fois. Mais vraiment, Dancer In The Dark, c'est du chantage émotif, on ne me convaincra pas du contraire, même si Björk y est épatante. medium_bebe_riendo.jpg

Et encore à part ca, je viens d'apprendre en tombant presque de ma chaise, que les supermarchés MZ qui sont sous mon aile viennent de me rapporter un bon paquet de fric. Enfin, pas à moi, mais comme c'est grâce a moi c'est tout comme : on dirait que je viendrais juste de gagner plein de sous et que je déciderais de consacrer l'intégralité de cette somme folle à acheter toute la collection automne-hiver de Zara, Bershka, Pull and Bear et Massimo Dutty sauver le monde. Quoi, j'ai un sens de l'exagération hors du commun ? Tous ces petits chtoups qui vont manger et grandir sainement, c'est pas déjà sauver le monde, ca ? Je sais vraiment pas ce qu'il vous faut ! Vous voyez bien que je bosse ! Et hop, retour au point de départ, la boucle est bouclée !

Ouh, je crois que j'en connais une qui a bien mérité une petite récompense !!!

 

31.08.2006

Naguib Mahfouz

"Je suis du côté de la connaissance, seule voie de salut dans cet océan houleux et effrayant d'ignorance dans lequel nous sommes appelés a vivre" 

J'avais prévu d'inaugurer cette rubrique avec un petit mot sur mes parents (parce qu'un peu de fayottage, ca ne mange pas de pain) mais venant d'apprendre le décès hier au Caire de cet immense écrivain, j'ai jugé plus opportun de parler de lui... Naguib Mahfouz est le premier romancier de langue arabe a avoir recu le prix Nobel de littérature en 1988, ce qui en soi ne m'a pas trop influencée dans la lecture de ses livres. Parceque les Nobel, a part lui et García Marquez, franchement ca ne me botte pas plus que les Goncourt ! C'est un peu au hasard que j'ai acheté Passage des miracles (je trouvais la photo de couverture très belle), je l'ai lu a n'en plus pouvoir dormir, entrainée dans le dédale de la Gâmalyia - zavez qu'à lire,vous verrez bien hin hin - et le lendemain, je rempilais a la fnac pour acheter Les fils de la Médina, un de ses ouvrages les plus controversés, toujours interdit à ce jour en Egypte.

medium_mahfouz.2.jpgDe fil en aiguille, j'ai lu de plus en plus de ses romans, et c'est par lui que j'ai commencé a m'intéresser a d'autres auteurs de langue arabe, comme Gamal Ghitany ou Edward Saíd (dont je vous parlerai peut-être plus tard si vous êtes sages). Curieusement, je n'ai pas lu son oeuvre la plus célebre, la Trilogie du Caire (Impasse des deux palais, Le palais du désir et Le jardin du passé). Par contre, j'ai trouvé récemment a México un de ses livres dont j'ignore jusqu'a la traduction du titre en francais, Amor bajo la lluvia (L'amour sous la pluie j'imagine !). Je ne l'ai pas encore lu car je suis entrain de terminer L'appel du couchant, de Gamal Ghitany, justement.

Ce qui me plaît chez Naguib Mahfouz, j'y viens puisque je sens que vous perdez patience, c'est le style de fiction allégorique qu'il emploie pour décrire les boulversements sociaux du Caire, et de l'Egypte en général, des années 30 aux années 80. Ecrivain réaliste, donc, que certains critiques littéraires n'hésitent pas a qualifier de 'Zola du Nil' ou de 'Balzac égyptien', ce qui me fait bien rire parce que Balzac et Zola, personnellement, je ne leur consacrerait pas un billet sur ce blog, menfin. Souvent inquiété par les fondamentalistes, notamment pour sa libre réinterprétation de l'histoire des prophètes dans Les fils de la Médina mentionné ci-haut, Naguib Mahfouz était un homme de tolérance et de dialogue, parmi le petit nombre d'intellectuels arabes a avoir approuvé les accords de Paix de 1979 entre l'Égypte et Israël. Une tentetive d'attentat perpétrée par un fanatique islamiste en 1994 l'avait laissé paralysé de la main droite et contraint de dicter ses textes.

Que, bien sûr, je vous engage a découvrir ou a relire au plus vite.

(photo REUTERS)